Alertoplum

ALERTE AUX PLUMES !

                    

 

 

 

Bougie oeuf orange 14 cm

Alerte aux plumes /Plumes alertes est un atelier d'écriture.

Des plumes (très) alertes se réunissent chaque mois pour écrire et partager découvertes, auteurs, souvenirs, poèmes, fous rires, émotions... Faites un petit tour dans ce blog pour avoir une idée de leur production.

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Billet du jour

 

« Quoi de neuf ? » Me demande-t-on sans cesse. J’écrase la nouvelle dans l’œuf car mes nouvelles ne sont jamais du jour, mais toujours de la veille. Je ne suis pas une poule qui pond des œufs frais, ce dont je me félicite tous les jours. Je me demande bien comment tournerait le monde si, n’étant pas un perdreau de l’année, je pondais des oeufs coqs dans le seul et unique but de faire gober la vérité en erzatz (s'il y a une faute à ce mot-la, tant pis je la laisse, j’ai droit à une coquille) à qui lirait ces lignes. Pourtant l’avenir est une page blanche et je suis une oie blanche, mais l'analogie va s'arrêter là. D’ailleurs savez-vous que l’oie de Toulouse peut peser jusqu’à 10 kilos ? On comprend mieux le raffut qui fut au capitole. Le poids des mots, le choc des cocos… Donc mes nouvelles ne sont pas du jour. Pas du jour d'aujourd'hui (Pâques) mais pas non plus du jour de demain. Non ! Si je  marche sur des œufs avec l’actualité, c’est en vraie poule mouillée. L’actualité est fragile. Elle ne dure pas. Et heureusement car elle ne parle que d’œufs et pots cassés. N'en faisons pas tout un plat. Restons-en là, dans le panier d'oeufs de l' atelier de plumes*.  Plus de billet du jour, jamais ! Je m’en tiens dorénavant et personnellement aux vieilles nouvelles pour être sure qu’elles ont bien existé, pour les trier et ne garder que les bonnes.

 

Signé : MO, La reine des poules à lier nées

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Envoyez vos textes et remarques à  moon78@noos.fr

 

 


les Grandes plumes : Anne, Claire, Jean-Baptiste, Lise-Noëlle, Magali, Marie-Madeleine, Mariette, Mo, Olivier... mais aussi les plumes "occasionnelles" comme Hélène, Maëlle, Michel, Brahim, Rob, Romain et les plumes du cercle des poètes disparus comme Pascale, Jack, Sophie et Nathalie

  

 

                                                           Ces créations textiles sont de Anne-Gaëlle Poirier 


                          

 "Je suis apaisée à présent, Plume, j'ai fait ce que j'avais à faire, dit ce que j'avais à dire. Viens, love-toi au creux de mes doigts, enlaçons-nous, jetons-nous sur la piste. D'abord un tour pour rien, s'échauffer avec quelques gribouillages, des traits, des boucles... Voyons ce qui va surgir à notre insu..."

in La Reine Alice de Lydia Flem - roman - La Librairie du XXI° siècle - Ed du Seuil - 2011 - p.247

  


Un rire pour se laver, et pour laver chaque mot. Qu'on le laisse un siècle au fond d'un gouffre sans lumière, sans nourriture, sans feu et qu'on le remonte, et il respire. Dans quelle langue, dans quel silence difficile à manier ? Ne pas insinuer ce qu'on ne voufrait pas insinuer, se taire juste, ne pas tout mettre dans son silence. En trois lignes, comme Saint-Simon raconte la vie de ce chartreux, milicien, musulman, Turc, gouverneur, apostat, abbé, tuant l'un, tuant l'autre, alors Plume absolument furieux sortit ses révolvers, fit feu sur lui et, rentrant dans la salle, abattit tous les hommes présents. On pourrait dire, on pourrait donner le rhume des foins, on pourrait recevoir une balle. Hors d'ici avec mes phrases !

Bernard Collin in "Les globules de Descartes"- Ivréa édition, Paris, 2004

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Comme sous les boucliers pour se sauver une troupe revint, ramenant les enseignes, avant d'avoir changé tout le convoi de front, ces chevaliers du céleste royaume qui s'avançaient nous dépassèrent tous, avant qu'eût ployé le timon du char. Puis les dames revinrent auprès des roues, et le griffon traina le fardeau bienheureux sans que frémit une seule de ses plumes.

Dante. La divine commédie. Chant XXXII - traduction de Jacqueline Risset - Diane de Selliers Editeur

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"Vous agitez dans nos silences le plumage du rêve et de la nuit.

Tout me fascine et d'abord qu'il soit issu de vos seuls songes."

Stéphane Mallarmé dans une lettre adressée à Odilon Redon qui devait illustrer " Jamais un coup de dès n'abolira le hasard".

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Ce que la plume a écrit ne change jamais

s'en désoler ne procure qu'une tristesse profonde

Même en subissant l'angoisse toute sa vie

Tu n'ajoutes pas à celle-ci une goutte de plus.

Omar KHAYYAM (Les Quatrains)

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Soltento il tempo veramente scrive

usando come penna il nostro corpo.

Seul le temps écrit véritablement en se servant de notre corps comme une plume.

extrait de Ora serrata retinae (d'une voix l'autre, Cheyne 2010)

Valerio Magrelli

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L'école a été ma torture irrémissible, une monstruosité que je n'ai pas oubliée. Je vois le petit encrier et la plume et l'encre mauve.Ce qui m'intéressait c'était les couvertures de cahier dont je faisais une collection. (...) Des petits écoliers à mes côtés, rien n'est resté. Je butais contre eux et c'était tout. Etais-je inhumain ?

Malcolm de Chazal (Autobiographie spirituelle) l'Harmattan 2011

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Quand les cheveux de Paloma ont enfin daigné pousser (et qu'ils se sont révélés aussi blonds et lisses que ceux de Vida) sa mère s'est mise à les lui coiffer en répétant inlassablement : "On dirait des plumes".

Véronique Ovaldé (Des vies d'oiseaux)  l'Olivier 2011 

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Je ne sais pas bien si je suis éveillé ou si je dors...J'ai depuis in moment l'impression mal définie d'être au milieu d'oiseaux qui chantent, qui volent si près de moi que je sens, quand ils passent, le vent de leurs plumes... en effet ce sont des hirondelles empressées, qui onr des nids remplis de petits, contre les solives de mon plafond bas !

Pierre Loti (Vers ispahan) Calman-Levy- 1904

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Lorsque le monde des hommes n'envoie plus de signal, une teinte nouvelle sur le plumeau des cèdres, un reflet dans la neige deviennent des évènements considérables. Je ne mépriseai plus ceux qui parlent de la pluie et du beau temps. Toute considération sur la météorologie a une dimension cosmique.

Sylvain Tesson ( Dans les forêts de Sibérie) Gallimard - 2011 prix Médicis essai

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Et moi, j'enterre mes plumes dans la tête des lecteurs !

Nicanor Parra poète chilien de 97 ans, prix Cervantes 2011 

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 Je dus me retenir à d'invisibles agrès, j'aurais roucoulé. Les mots n'eussent pas seulement, ni le ton de ma voix, exprimé ma ferveur, je n'eusse pas seulement changé, c'est vraiment l'appel du plus amoureux des gibiers que ma gorge eût lancé. Peut-être mon cou se fût-il hérissé de plumes blanches. Une catastrophe est toujours possible. La métamorphose nous guette.

Jean Genet ( Journal du voleur) Gallimard - 1949

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Noircir les pages jusqu'à l'épuisement des mots et surgissement de ce personnage que je vois pour la première fois

je ne connais pas son nom

inutile de lui demander

il ne sait pas écrire

il ne sait pas parler non plus

il sait seulement qu'il est né du contact de la plume et du papier

du voisinage de deux mots que le gasard a mis côte à côte

il se laisse faire lorsque je l'installe au milieu de la ligne entre un verbe et un objet

mais l'écarte un rien lorsqu'il essaie d'occuper tout le terrain et fait la sourde oreille lorsqu'il tente de m'entraîner dans l'action

J'ai décidé d'être seule maître du jeu...

Vénus Khoury-Ghata - Orties - Editions Alain Gorius - 2011- Prix Goncourt de la Poésie 2011

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"Nulle chose ne m'est plaisir, en dehors de toi." Milton était aveugle, tout comme le capitaine, c'était un poète anglais qui avait perdu la vue à l'âge adulte. Il composait plongé dans les ténèbres et c'était sa fille  qui transcrivait ses poèmes. Nous rendons donc grâce à ses mains, en espérant toutefois qu'elles avaient une vie en dehors de la poésie, espérons qu'elles ont eu l'occasion de serrer quelque chose de plus doux et de plus chaud que le maigre bois de la plume. Certains mots sont probablement aptes à changer le monde, ils ont le pouvoir de nous consoler et de sécher nos larmes. Certains mots sont des balles de fusil, d'autres des notes de violon. Certains sont capables de faire fondre la glace qui nous enserre le coeur et il est même possible de les dépêcher comme des cohortes de sauveteurs quand les jours sont contraires et que nous ne sommes peut-être ni vivants ni morts.

Jon Kalman Stefànsson ( Entre ciel et terre) Folio Gallimard- 2010- traduit de l'islandais par Eric Boury

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Ce n'est pas moi, ce n'est pas mon nom, ce n'est qu'une phrase qui traîne sur un bout de papier jauni, écrite à la plume d'une encre que le temps a rouillée, jusqu'à manger le papier. Je ne connais rien d'autre que cette route, dans ce désert brûlant, ce soleil aveuglant, cette porte entourée de fil de rasoir. Celle qui m'emporte, cette femme au lent, lourd balancement, à gauche, à droite, en avant, en arrière. Cette femme sans visage. Cette femme à la fois morte et vivante. Elle n'a pas de nom. Elle est le ciel Empyeée, le plus secret, le plus haut, le lus caché des ciels. Une nappe cotoneuse glisse éternellement au-dessus de la terre et de la mer. C'est ma mère qui respire en moi, qui bat son coeur en moi, qui frissonne son eau douce en moi, qui chante sa chanson à dormir en moi, donne sa caresse en moi de ses mains longues et chaudes sur la peau de son ventre, la musique de sa voix entre en moi par les fibres de son corps, et le rythme" des vagues, le plaisir des mots autour de moi, en moi, jusqu'à ses rêves qui s'enroulent en moi. Le plaisir de son sexe qui ajoute des étincelles à ma vie, qui va faire de moi une étoile éternelle.

J.M.G.Le Clézio ( Personne in Histoire du pied et autres fantaisies) p 325 - Gallimard 2011

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Moi, j'aurais aimé aider ma mère à débarrasser la table de la cuisine après le dîner. Sur la table, il y aurait eu une toile cirée à petits carreaux bleus ; au-dessus de la table, il y aurait eu une suspension avec un abat-jour presque en forme d'assiette, en porcelaine blanche ou en tôle émaillée, et un système de poulies avec un contrepoids en forme de poire. Puis je serais allé chercher mon cartable, j'aurai sorti mon livre, mes cahiers et mon plumier de bois, je les aurais posés sur la table et j'aurais fait mes devoirs. C'est comme ça que ça se passait dans mes livres de classe.

Georges Perec (W ou le souvenir d'enfance) p 98 - Denoël - 1975

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Un Homme "dévoré par les plumes":  Liaisons entre Max Ernst et les oiseaux
 

    Dévoré par les plumes et soumis à la mer,
    Des oiseaux de la liberté
    Il a laissé passer son ombre dans le vol.
    Il a laissé
    La rampe à ceux qui tombent sous la pluie
 
    Il a laissé leur toit à tous ceux qui se vérifient.
    Son corps était en ordre,
    Le corps des autres est venu disperser
    Cette ordonnance qu’il tenait
    De la première empreinte de son sang sur terre.
 
    Ses yeux sont dans un mur
    Et son visage est leur lourde parure.
    Un mensonge de plus du jour,
    Une nuit de plus, il n’y a plus d’aveugles.

 

ELUARD

  

  

Un coq

 

                                          Un atelier d'écriture ?
 

Un atelier d'écriture ? Groupe de gens pouvant sculpter des mots et peindre des idées

 ... juste avec une plume !

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